Un road trip dans le nord de l’Islande se prépare autrement qu’un simple tour de l’île. Les distances paraissent raisonnables sur la carte, mais la météo, les pistes secondaires, les fjords et les arrêts photo changent vite le rythme. L’idéal est de prévoir un itinéraire souple, centré sur Akureyri, Mývatn, Húsavík et la péninsule de Tröllaskagi, avec assez de marge pour profiter des cascades, des zones géothermiques et des villages sans courir.
Combien de jours prévoir pour un road trip dans le nord de l’Islande ?
Pour découvrir le nord islandais sans frustration, comptez au minimum 5 jours sur place, hors trajet depuis Reykjavik. En 7 jours, vous pouvez construire une boucle équilibrée avec Akureyri, le lac Mývatn, Húsavík, Dettifoss, Godafoss et Tröllaskagi. En 10 jours, vous ajoutez plus facilement les fjords du nord-ouest ou une approche par la péninsule de Snaefellsnes avant de remonter.
Depuis Reykjavik, la route vers le nord demande déjà une vraie demi-journée, parfois davantage selon les arrêts. À titre de repère, le trajet Reykjavik-Kirkjufell représente 229 km pour environ 3h06, tandis que Kirkjufell-Snaefellsjokull ajoute 51 km pour environ 32,8 min. Ces étapes concernent plutôt l’ouest, mais elles restent utiles si vous voulez rejoindre le nord progressivement au lieu de filer directement vers Akureyri.
| Durée | Pour quel voyageur ? | Rythme conseillé |
|---|---|---|
| 5 jours | Premier aperçu du nord | Akureyri, Godafoss, Mývatn, Húsavík |
| 7 jours | Road trip équilibré | Ajout de Dettifoss, Hverir, Dimmuborgir, Tröllaskagi |
| 10 jours | Voyage plus lent et immersif | Fjords, villages de pêcheurs, randonnées, pauses météo |
Un itinéraire de 7 jours pour relier les grands paysages du nord
Jours 1 et 2 : cap sur Akureyri et la péninsule de Tröllaskagi
Akureyri est la base la plus pratique pour commencer : assez grande pour refaire le plein, trouver un hébergement confortable et rayonner vers les fjords. En arrivant, gardez du temps pour flâner dans le centre, longer le fjord Eyjafjörður et préparer les étapes suivantes. Le lendemain, prenez la direction de Tröllaskagi, l’une des plus belles péninsules du nord, avec ses montagnes abruptes, ses routes côtières et ses villages tournés vers la mer.
État du trafic routier en Islande en temps réel : Consultez la carte officielle pour suivre l’état des routes, les travaux et les conditions de circulation en Islande.
Siglufjörður mérite une halte prolongée, autant pour son atmosphère de bout du monde que pour son lien avec la pêche. Si la météo est claire, les routes de fjord en fjord offrent une conduite spectaculaire. Si le temps se ferme, réduisez l’ambition : dans cette région, une étape courte mais bien vécue vaut mieux qu’une longue journée passée à lutter contre le vent.
Jours 3 et 4 : Godafoss, Mývatn, Hverfjall et Hverir
Depuis Akureyri, Godafoss est l’un des arrêts les plus accessibles et les plus marquants. La cascade est large, photogénique et facile à intégrer dans une journée de route. Continuez ensuite vers Mývatn, un secteur très dense en sites naturels : pseudo-cratères, champs de lave, fumerolles et reliefs volcaniques s’enchaînent sur de courtes distances. On passe d’un décor à l’autre sans vraie rupture, ce qui donne au secteur un rythme particulier.
Consacrez une journée complète à Mývatn si possible. Dimmuborgir impressionne par ses formations de lave, Hverfjall par son cône sombre et régulier, Hverir par ses sols ocre, ses marmites de boue et ses vapeurs soufrées. La randonnée du Hverfjall reste assez courte, mais elle est exposée au vent : prévoyez des couches chaudes même lorsque le parking paraît calme. C’est souvent là que l’on sous-estime le climat local.
Jours 5 à 7 : Dettifoss, Húsavík et retour par les fjords
Dettifoss impose un vrai détour, mais c’est l’un des grands chocs visuels du nord. Ses dimensions parlent d’elles-mêmes : environ 100 mètres de large et 44 mètres de haut. La puissance de l’eau, les embruns et le décor minéral créent une ambiance plus brute que décorative. Selon l’état des routes et la saison, vérifiez bien l’accès avant de vous engager.
Húsavík complète parfaitement cette partie du voyage. La ville est connue pour les sorties d’observation en mer, mais elle vaut aussi pour son port, ses maisons colorées et son rythme plus doux. Terminez votre boucle par une route de fjord ou un retour vers Akureyri, en gardant une demi-journée tampon si vous devez ensuite reprendre la route vers Reykjavik ou un vol intérieur. Cette souplesse évite de transformer la fin du voyage en course contre la montre.
Les sites à ne pas manquer, et ceux à choisir selon votre saison
Le nord de l’Islande ne se résume pas à cocher des cascades. Sa force vient du contraste entre eau, lave, neige, herbe rase, ports isolés et zones géothermiques. Pour éviter l’itinéraire trop chargé, classez les étapes en trois groupes simples : les arrêts à faire presque toujours, les détours à garder si la météo est bonne, et les options à réserver pour un second voyage.
- Godafoss : facile d’accès, idéale en début ou fin de journée pour éviter les arrivées groupées.
- Mývatn : parfait pour comprendre la géologie du nord, entre lave, cratères et activité géothermique.
- Hverir : spectaculaire, mais l’odeur de soufre et le vent peuvent surprendre ; restez sur les zones balisées.
- Dettifoss et Selfoss : à privilégier si les conditions de route sont bonnes et si vous avez assez de temps.
- Húsavík : une étape plus culturelle et maritime, agréable pour ralentir après plusieurs journées minérales.
- Hofsós : intéressant pour ses orgues basaltiques et son ambiance de petit village côtier.
- Kolugljúfur et Kolufossar : un détour plus discret, utile si vous aimez les canyons et les arrêts moins fréquentés.
Ne construisez pas votre parcours comme un moule dans lequel chaque journée devrait entrer au millimètre. Le nord islandais se visite plutôt comme une matière vivante : on laisse de l’espace aux temps de prise, aux imprévus et aux reliefs qui obligent à changer de forme. Concrètement, prévoyez un bloc souple chaque jour, par exemple deux heures non attribuées. Ce simple vide dans le planning permet d’attendre une éclaircie à Hverir, de prolonger une marche près d’un fjord ou de renoncer à une piste sans avoir l’impression de rater le voyage.
Conduite, météo et équipement : les points à prendre au sérieux
Voiture classique ou 4×4 ?
En été, une voiture classique peut suffire pour un itinéraire principal entre Akureyri, Mývatn, Húsavík et Godafoss, à condition de rester sur les routes autorisées et de vérifier les accès secondaires. En hiver, le 4×4 devient fortement recommandé, non pour “faire de l’aventure”, mais pour mieux gérer la neige, le verglas, les rafales et les routes partiellement dégagées. Les routes F ne doivent jamais être improvisées : elles sont saisonnières, réglementées et peuvent être fermées.
Avant chaque départ, consultez les conditions sur road.is et les alertes sur SafeTravel. Cette habitude évite bien des mauvaises décisions, surtout lorsqu’une étape paraît courte sur Google Maps mais traverse un col exposé ou une zone sans service proche. Dans le nord, la longueur d’un trajet se lit autant avec les yeux qu’avec la carte.
Équipement selon l’été ou l’hiver
L’été apporte de longues journées, parfois le soleil de minuit, et facilite les randonnées. Cela ne signifie pas chaleur constante : coupe-vent, polaire, chaussures imperméables et bonnet restent utiles. L’hiver offre une ambiance plus silencieuse, la possibilité d’observer des aurores boréales et des paysages enneigés, mais les journées courtes imposent un itinéraire plus resserré. Le bon équipement fait gagner du confort et réduit le stress.
- En toute saison : vêtements en couches, chaussures étanches, batterie externe, lunettes de soleil, gourde, encas.
- En hiver : crampons de marche, lampe frontale, gants chauds, application météo, marge horaire importante.
- Pour la voiture : assurance adaptée, numéro d’assistance, plein régulier, vérification des pneus et des franchises.
Où dormir, où manger et comment éviter les erreurs classiques
Les hébergements sont moins nombreux dans le nord que dans les zones les plus touristiques du sud. Réservez tôt autour de Mývatn, Húsavík et Akureyri, surtout si vous voyagez en été ou pendant les périodes de forte demande. Les guesthouses et fermes-auberges offrent souvent le meilleur équilibre entre confort, budget et immersion locale. Pour réduire les trajets inutiles, dormez au plus près de vos visites du lendemain plutôt que de revenir systématiquement à la même base.
Côté repas, anticipez davantage qu’en ville. Certains villages ont peu d’options, des horaires réduits ou des restaurants vite complets. Garder un sac avec pain, skyr, fruits secs, soupe instantanée ou pâtes peut sauver une soirée après une longue route. À Akureyri et Húsavík, vous trouverez plus facilement cafés, restaurants et supermarchés, mais dans les fjords, l’autonomie reste une vraie tranquillité.
La principale erreur consiste à vouloir reproduire un rythme de road trip continental : trop de kilomètres, trop d’arrêts, pas assez de pauses. Un exemple parlant : certains voyageurs parcourent 500 kilomètres en 4 nuits en Islande, ce qui peut sembler raisonnable sur le papier, mais devient dense dès qu’on ajoute les détours, la météo et les temps de visite. Pour un voyage plus mémorable, privilégiez moins d’étapes et plus de présence sur chaque lieu.
Enfin, respectez strictement les parkings, chemins balisés et interdictions de sortie de route. Les sols volcaniques, les mousses et les zones géothermiques sont fragiles. Dans le nord de l’Islande, l’impression d’espace infini ne signifie pas liberté totale : c’est justement parce que les paysages paraissent intacts qu’il faut les traverser avec retenue.